Je me suis surprise, un jour, à dire : « Je le sens, c’est la bonne décision. »
Quelques jours plus tard, ce fameux “bon feeling” s’était évaporé.
Ce n’était pas la bonne décision — c’était juste la plus rapide à prendre.
C’est là que j’ai compris :
le jugement n’est pas qu’une question d’instinct.
C’est un art subtil, souvent invisible, celui de savoir suspendre sa certitude juste assez longtemps pour mieux voir.
Nos jugements façonnent tout : une embauche, un diagnostic, une évaluation, un désaccord.
Et pourtant, même les personnes les plus expérimentées peuvent se tromper — non pas par incompétence, mais à cause de deux “parasites” mentaux :
- Le biais, qui nous pousse à toujours pencher du même côté.
- Le bruit, ce petit chaos intérieur qui fait varier nos réponses selon l’humeur, le contexte ou la fatigue.
Avoir un bon jugement, ce n’est donc pas viser la perfection.
C’est apprendre à reconnaître ses angles morts,
à distinguer ce qui relève de la réflexion
de ce qui n’est qu’une réaction.
Quelques gestes simples pour mieux juger :
- Faire une pause avant de conclure. Le silence clarifie souvent plus que la précipitation.
- Consulter plusieurs points de vue. Non pas pour suivre les autres, mais pour confronter nos angles morts.
- Nommer ses émotions. Peur, espoir, impatience… elles colorent nos décisions plus qu’on ne le croit.
- Revenir au processus. Qu’est-ce qui m’amène à cette conclusion ? Est-ce une conviction, une habitude, ou un réflexe ?
On dit que nos jugements ressemblent à des horloges :
aucune ne donne exactement la même heure,
mais chacun·e croit que la sienne est juste.
Et si, plutôt que de chercher la précision absolue, on apprenait à ajuster nos aiguilles — ensemble, patiemment ?
𝘍𝘦𝘳𝘷𝘦𝘮𝘮𝘦𝘯𝘵,
𝘈𝘭𝘦𝘴𝘴𝘢𝘯𝘥𝘳𝘢