Et si ralentir était un acte de courage

Et si ralentir était le plus grand acte de courage? 

Je me souviens d’une période où j’étais fière de dire que je n’avais « pas le temps ». 

Pas le temps de m’arrêter. 

Pas le temps de respirer. 

Pas le temps de faire une pause, même quand mon corps envoyait des signaux. 

“So many things… so little time!” 

Chaque journée était minutée, chaque moment optimisé. 

Et pourtant, malgré les succès, une sensation étrange s’installait : Un vide. 

Pas un vide de tâches. Un vide de présence. Un vide de satisfaction. Un vide de moi. 

Un jour, ce vide est devenu très bruyant. 

Ce n’est pas un grand drame qui a tout fait basculer, 

mais un simple matin où je me suis effondrée. 

Incapable de justifier cette fatigue invisible. 

Je n’étais pas triste. 

J’étais épuisée d’essayer d’être invincible. 

Ce moment a ouvert un espace de vérité. 

Et si cette obsession de la performance n’était pas un signe de force… mais une armure? 

Et si, au fond, j’avais confondu la valeur de mon travail avec ma valeur en tant qu’Alessandra? 

J’ai compris quelque chose d’essentiel : 

Ce n’est pas parce qu’on est occupé qu’on est utile. 

Ce n’est pas parce qu’on est performant qu’on est vivant. 

Et ce n’est pas parce qu’on ralentit qu’on échoue. 

Voici ce que cette prise de conscience m’a appris : 

  • Se reposer, ce n’est pas fuir. C’est revenir à soi. 
  • Être productif sans être présent, c’est construire dans le vide. 
  • Le silence, l’ennui, l’inactivité — ces états que je redoutais tant — sont souvent les portails vers ce qu’on cherche vraiment. 

Aujourd’hui encore, l’élan de faire, d’optimiser, de prouver revient. 

Mais je sais maintenant que ce n’est pas une urgence. 

C’est une habitude. 

Et j’ai appris à la reconnaître. À l’apprivoiser. 

Et si le vrai courage, ce n’était pas de continuer coûte que coûte… 

Mais de s’arrêter, quand l’habitude nous crie d’accélérer? 

 

𝘍𝘦𝘳𝘷𝘦𝘮𝘮𝘦𝘯𝘵, 

 
𝘈𝘭𝘦𝘴𝘴𝘢𝘯𝘥𝘳𝘢