En bref — Assumer la responsabilité de sa communication consiste à porter attention non seulement à ce que l’on dit, mais à ce qui est réellement compris. Cet article explore les mécanismes des malentendus en milieu professionnel et propose des pratiques concrètes pour améliorer la clarté, l’alignement et la qualité des échanges. Il met en lumière l’impact direct de cette compétence sur l’efficacité et les relations de travail. Une approche nuancée pour mieux communiquer sans sur-responsabilisation.

Quand on attribue les malentendus aux autres

Il y a une tentation bien humaine, presque automatique.

Quand un message passe mal… quand une réaction nous surprend… quand une collaboration se tend…

Nous pensons : « L’autre a mal compris. »

Et si, parfois, la question était ailleurs ?

Et si notre efficacité relationnelle ne reposait pas uniquement sur ce que nous voulions dire… mais sur ce que l’autre a réellement compris ?

C’est là que la responsabilité de notre communication entre en jeu.

Pas comme un poids. Mais comme un pouvoir.

Quand communiquer ne suffit pas 

Nous communiquons tous les jours. Beaucoup. 

Nous expliquons. Nous clarifions. Nous reformulons. 

Et pourtant… les malentendus persistent. 

Pourquoi ? 

Parce que communiquer ne se limite pas à émettre un message. 

Communiquer, c’est créer une compréhension partagée. 

Et entre les deux — ce que nous disons et ce que l’autre reçoit — il y a un espace invisible : 

  • nos intentions, 
  • le contexte, 
  • les perceptions, 
  • les filtres émotionnels, 
  • et parfois… nos angles morts. 

Assumer la responsabilité de sa communication, c’est reconnaître cet espace. 

C’est accepter que, même avec de bonnes intentions, l’impact peut être différent. 

Et surtout… c’est choisir de ne pas s’arrêter à « j’ai été clair ». 

Reprendre sa part… sans tout porter 

Soyons clairs. 

Assumer sa communication ne veut pas dire : 

  • se blâmer, 
  • se suradapter, 
  • ou porter seul·e la responsabilité de la relation. 

Ce n’est pas une posture de sur-responsabilisation. 

C’est une posture d’influence. 

Nous ne contrôlons pas la réaction de l’autre. 

Mais nous avons une influence directe sur : 

  • la clarté de notre message, 
  • la manière dont nous le transmettons, 
  • et l’espace que nous créons pour être compris. 

C’est une nuance importante. 

Parce que lorsque nous attribuons systématiquement les malentendus aux autres… nous perdons une occasion d’ajuster, d’apprendre et d’élever notre efficacité. 

Ce qui se joue réellement dans les malentendus 

Un malentendu n’est rarement qu’une question de mots. 

C’est souvent une rencontre imparfaite entre deux réalités. 

Prenons un exemple simple. 

Vous dites à un collègue : « Ce serait bien d’avoir ça rapidement. » 

Dans votre esprit : → c’est une invitation souple. 

Dans le sien : → c’est une urgence implicite. 

Résultat ? Un décalage… et parfois de la tension. 

Pourquoi ? 

Parce que chacun interprète à partir de : 

  • son expérience, 
  • ses priorités, 
  • son rapport à l’autorité, 
  • son niveau de pression. 

Ce que nous appelons « manque de clarté » est souvent un manque d’alignement implicite. 

Et cet alignement… ne se devine pas. 

Il se construit. 

Assumer sa communication : une compétence d’efficacité 

Dans mon approche, assumer sa communication fait partie des compétences qui permettent d’allier efficacité et bien-être. 

Pourquoi ? 

Parce que cela permet de : 

  • réduire les frictions inutiles, 
  • éviter les allers-retours coûteux, 
  • renforcer la qualité des relations, 
  • et gagner en crédibilité professionnelle. 

Mais surtout… 

Cela nous ramène dans une posture active. 

Plutôt que de subir les incompréhensions, nous devenons acteur·trice de la clarté. 

3 pratiques pour reprendre le contrôle de sa communication 

1. Clarifier l’intention avant de parler 

Avant même de choisir ses mots, une question simple peut tout changer : Qu’est-ce que je veux vraiment obtenir ici ? 

  • Informer ? 
  • Mobiliser ? 
  • Valider ? 
  • Faire agir ? 

Trop souvent, nous parlons avec une intention floue… et nous espérons que l’autre comprenne. 

Mais une intention floue donne un message flou. 

Exemple concret : 

Au lieu de dire : « On devrait se reparler du projet. » 

Nous pourrions dire : « J’aimerais qu’on se reparle du projet pour valider les prochaines étapes et éviter les zones grises. » 

Même idée. Impact complètement différent. 

2. Rendre explicite ce qui ne l’est pas 

Beaucoup de malentendus naissent de ce qui n’est pas dit. 

Nous pensons que certaines choses sont évidentes. 

Elles ne le sont pas. 

Assumer sa communication, c’est rendre visible l’invisible. 

Cela peut prendre des formes simples : 

  • préciser les délais (« d’ici vendredi midi »), 
  • nommer le niveau d’urgence, 
  • expliciter les attentes, 
  • ou encore clarifier le rôle de chacun. 

Micro-pratique utile : 

Après une consigne, ajoutez une phrase de validation : 

  • « Est-ce que c’est clair pour vous ? » devient 
  • « Qu’est-ce que vous retenez de ce qu’on vient de dire ? » 

La nuance est subtile. L’impact est majeur. 

3. Vérifier la compréhension… sans présumer 

Nous avons souvent tendance à supposer que l’autre a compris. 

Parce que : 

  • il hoche la tête, 
  • il dit « oui », 
  • ou il ne pose pas de questions. 

Mais comprendre… ne veut pas dire interpréter de la même façon. 

Vérifier la compréhension, ce n’est pas douter de l’autre. 

C’est sécuriser la collaboration. 

Une pratique simple : Reformuler ensemble.  

« Juste pour s’assurer qu’on est aligné·es, comment tu vois les prochaines étapes ? » 

Cela permet : 

  • d’ajuster en temps réel, 
  • d’éviter les malentendus différés, 
  • et de créer un espace de dialogue. 
  • une histoire simple… mais révélatrice 

Ce que nous gagnons à assumer notre communication 

Lorsque nous faisons ce pas, quelque chose bascule. 

Nous passons : 

  • de la réaction à l’ajustement, 
  • de la frustration à la compréhension, 
  • de l’implicite au dialogue. 

Et progressivement, nous développons une présence différente. 

  • Plus posée. 
  • Plus claire. 
  • Plus alignée. 

Nous devenons plus lisibles pour les autres. 

Et cette lisibilité… renforce notre crédibilité. 

Et si le malentendu devenait un signal ? 

Plutôt que de voir les malentendus comme des erreurs… nous pouvons les voir comme des indicateurs. 

Ils nous disent : 

  • où il y a un flou, 
  • où il y a un décalage, 
  • où une précision serait utile. 

Ils deviennent alors des points d’ajustement. 

Et non des points de tension. 

Nous avons tous déjà vécu des situations où « tout semblait clair »… jusqu’à ce que ça ne le soit plus. 

Et si, plutôt que de chercher à avoir raison… nous cherchions à être compris·es ? 

Assumer la responsabilité de sa communication, ce n’est pas en faire plus. 

C’est communiquer avec plus d’intention. 

Plus de précision. 

Plus de conscience de l’autre. 

C’est un déplacement subtil… mais transformateur. 

La prochaine fois qu’un malentendu survient, une question peut tout changer : Qu’est-ce que j’aurais pu rendre plus clair ici ? 

Et peut-être que, dans cet espace de réflexion… se trouve déjà une partie de la réponse. 

 

Pour prolonger la réflexion 

Les articles HUMANOTÓPIE ont pour vocation d’éclairer ce qui influence nos comportements au travail, avant toute idée d’action ou de développement. 

Si cette lecture a résonné, voici quelques espaces où cette réflexion se poursuit, chacun à sa manière : 

  1. La Boîte à Outils : LaBo – La toute dernière génération d’outils pour le développement des compétences relationnelles. 
  1. L’académie Savoir-Agir@Work – Une collection de formations en ligne qui couvrent les sujets les plus pertinents en milieu de travail en matière de relations humaines, d’efficacité et de performance. 
  1. Le livre CONQUÉRIR L’EFFICACITÉ : le Savoir-Agir essentiel à la réussite professionnelle – Un ouvrage qui pose les bases de l’efficacité. Disponible en librairie en version papier et numérique. 
  1. CRO-Mètre | Diagnostic des compétences relationnelles – Un diagnostic personnalisé qui mesure l’intégration des pratiques relationnelles essentielles au travail.