Croire en sa capacité d’agir

Il y a des journées où, malgré toute notre compétence, quelque chose se bloque. 

On hésite à prendre une décision, à donner notre avis, à tenter une nouvelle approche. Pas parce que nous ne savons pas ce qu’il faut faire… mais parce qu’au fond, nous nous demandons si nous pouvons vraiment bien faire. 

Ce doute, souvent discret mais persistant, touche même les professionnel·le·s les plus expérimenté·e·s. Et il influence bien plus qu’on le croit : notre niveau d’engagement, la qualité de nos interactions, notre énergie, et ultimement… notre efficacité. 

Dans les organisations, on parle souvent de savoir-faire, de performance, de résultats. Mais derrière chacun de ces mots se cache la conviction que nos gestes ont du poids. C’est ce qu’on appelle le sentiment d’efficacité personnelle. 

Le moteur de la performance 

Développé par le psychologue Albert Bandura, le sentiment d’efficacité personnelle désigne la conviction que nous avons la capacité d’organiser et d’exécuter les actions nécessaires pour atteindre un objectif précis. 

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de se sentir compétent·e, mais de croire que nos efforts peuvent produire des résultats concrets. Cette nuance fait toute la différence. 

Deux personnes peuvent avoir les mêmes habiletés, la même formation et le même contexte… mais leurs résultats divergeront si l’une doute de sa capacité à réussir. 

Ce sentiment influence : 

  • la manière dont nous abordons les défis (avec élan ou appréhension), 
  • la façon dont nous réagissons aux obstacles (en ajustant ou en renonçant), 
  • et la persévérance que nous mettons dans nos efforts. 

Plus notre efficacité est perçue solide, plus nous avons de chances d’agir avec confiance, constance et clarté — même lorsque la situation est incertaine. 

Et bonne nouvelle : cette conviction n’est pas figée. Elle se cultive. 

Quatre sources pour nourrir sa confiance en action 

Bandura identifie quatre leviers essentiels qui façonnent notre sentiment d’efficacité personnelle. Chacun d’eux peut être activé consciemment au quotidien — dans nos projets, nos échanges ou nos décisions. 

1. Les expériences de maîtrise : la preuve par l’action 

Rien ne renforce la confiance autant que l’expérience directe du succès. 

Pas forcément un grand exploit, mais une situation où l’on réalise : « J’ai réussi parce que j’ai agi. » 

Chaque fois que vous atteignez un résultat grâce à vos efforts — même modeste — vous construisez un repère interne solide. Ce sont ces expériences accumulées qui vous rappellent, dans les moments de doute, que vous avez déjà surmonté des défis similaires. 

À faire :  

Tenez un court registre de vos réussites de la semaine. Pas pour vous vanter, mais pour garder la trace de ce que vos gestes ont permis. Une intervention claire en réunion, un conflit désamorcé, une idée partagée qui a ouvert une discussion… Ces petites victoires sont des rappels de compétence active. 

2. L’apprentissage par modèle : s’inspirer sans se comparer 

Observer d’autres personnes réussir peut avoir un effet transformateur — à condition de choisir les bons modèles. 

Il ne s’agit pas d’admirer les “stars” du bureau ou les profils inaccessibles, mais de repérer celles et ceux dont le parcours ou le style vous semblent atteignables. 

Un·e collègue calme qui sait structurer ses interventions. 

Un·e gestionnaire qui écoute avant de décider. 

Une personne qui gère les imprévus avec aplomb. 

Observer ces comportements réalistes permet à votre cerveau de se dire : « Si elle ou il y arrive ainsi, je peux y arriver aussi. » 

À faire: 

Repérez un modèle inspirant dans votre environnement — quelqu’un qui agit avec efficacité dans un domaine où vous souhaitez progresser. Observez comment cette personne gère la pression, communique ou prend des décisions. Inspirez-vous-en pour tester, à votre manière, un de ses comportements concrets. 

3. La persuasion sociale : s’entourer de feedback crédible 

Un simple « Tu es capable ! » n’a que peu d’effet. 

Mais un retour précis, crédible et bienveillant peut changer votre perception de vous-même. 

La persuasion sociale correspond à ces encouragements réalistes, fondés sur des observations concrètes, qui renforcent votre conviction d’être à la hauteur. 

À faire: 

Demandez régulièrement de la rétroaction spécifique — pas seulement quand ça va mal. Par exemple : 

  • « Qu’est-ce qui, selon toi, a bien fonctionné dans ma présentation ? » 
  • « Sur quoi pourrais-je m’appuyer davantage dans la prochaine phase ? » 

Ces retours nourrissent des repères sur lesquels votre confiance peut s’ancrer. Et à l’inverse, offrir à vos collègues des messages constructifs et précis vous aide à entretenir cette même dynamique autour de vous. 

4. La gestion des états internes : réguler avant d’agir 

Même avec de bonnes compétences et du soutien, le stress ou la fatigue peuvent altérer la perception de votre efficacité. 

Apprendre à apaiser son système nerveux avant d’agir aide à restaurer une perception claire de ses ressources. 

Respirer lentement, relâcher la tension musculaire, reformuler une pensée anxieuse : ces gestes simples ont un effet direct sur la qualité de votre action. 

 À faire: 

Avant une rencontre importante, prenez deux minutes. Respirez profondément (inspiration 4 secondes, pause 2, expiration 6). Relâchez vos épaules. Reformulez votre intention : « Je n’ai pas besoin d’être parfait·e, seulement présent·e et engagé·e. » 

Ce rituel, appliqué régulièrement, stabilise votre efficacité perçue. 

Trois pratiques pour entretenir la confiance  

Voici trois pratiques simples à intégrer à votre quotidien professionnel : 

1. Reconnaître l’effort, pas seulement le résultat 

Au lieu de ne célébrer que la réussite finale, notez les gestes qui ont contribué à l’avancée d’un projet. Cela réoriente votre attention sur ce que vous contrôlez — vos actions — plutôt que sur ce qui dépend de facteurs externes. 

2. Transformer les pensées limitantes en affirmations constructives 

Remplacez le « Je ne suis pas fait·e pour ça » par « Je peux apprendre à le faire ». 

La clé n’est pas de se convaincre qu’on est prêt·e, mais de se rappeler qu’on peut progresser. 

3. Agir avant d’être certain·e 

L’action précède souvent la confiance. 

Chaque fois que vous avancez, même un peu, vous créez la preuve que vous pouvez. 

Et c’est cette preuve, répétée, qui consolide la croyance que vos gestes ont du pouvoir. 

Croire avant de voir 

Élever son sentiment d’efficacité personnelle, ce n’est pas se convaincre qu’on va tout réussir. 

C’est cultiver la conviction qu’on saura s’ajuster, apprendre et continuer à avancer — même quand tout n’est pas certain. 

Cette posture change la façon d’aborder le travail : 

  • On cherche moins à prouver, et plus à contribuer. 
  • On se compare moins, et on s’appuie davantage sur l’expérience. 
  • On doute encore, parfois, mais sans se paralyser. 

Alors, cette semaine, posez-vous une simple question : Qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui qui prouve que je suis capable ? 

C’est dans ces réponses que se construit, jour après jour, votre sentiment d’efficacité personnelle. 


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